( 6 juin, 2017 )

Sminthurus viridis sous la chaleur.

28 mai 2017, une journée de grosse chaleur. Je vais prospecter sur une station, située à l’ombre d’une haie. Le but, rechercher le collembole Sminthurus viridis sous une chaleur orageuse. Au sol, le thermomètre indique 26,5°C .

Légende de la photo.

1- zone de trèfle explorée.

2- dans le ciel, de nombreux passages nuageux.

3- description du matériel photographique: boitier Nikon D3200 + un bague allonge 20 mm et un objectif 18/55 mm.

4- aujourd’hui, une majorité des Sminthurus viridis évolue sous les feuilles de trèfle.

5- Sminthurus viridis rongeant la surface inférieure d’une feuille.

6- un Sminthurus viridis se nourrit sous la chaleur.

S. viridis-trèfle 28V17N0255

( 7 février, 2017 )

Collembola-TV et bulle ou goutte.

Première observation de l’apparition d’une goutte ou bulle, provenant du tube ventral (collophore), du collembole entomobryomorphe, Orchesella villosa. Détails de l’observation. Prospection dans un tapis de feuilles à l’intérieur d’un fossé, le 6 février 2017. Je découvre un Orchesella villosa bloqué dans les fils d’une toile d’araignée, par ses soies, du dernier segment abdominal. A plusieurs reprises, il tente de se dégager en utilisant sa furca (il finira par réussir). Puis, progressivement, une bulle ou goutte apparaît au bout du collophore. Après quelques secondes, celle-ci est réabsorbée par l’organe. Cette observation confirme bien que le tube ventral est capable d’absorber et d’émettre du liquide.   

Milieu 06II1735Orchesella villosa 06II1713Orchesella villosa 06II1717Orchesella villosa 06II1722

( 7 janvier, 2017 )

Collembola-fonctions des vésicules extensibles du TV (décembre 2016).

 Nous avons aujourd’hui quelques idées concernant les fonctions attribuées au tube ventral (collophore) et aux vésicules extensibles projetées de celui-ci. Le 20 décembre 2016, il m’aura fallu plusieurs dizaines de minutes de patience, à plat ventre, dans l’herbe humide, par une température de 6,7°C et une humidité de 85 %, avant de pouvoir observer le Sminthurus viridis de la photo, déployer ses vésicules extensibles. Quelle fonction a le passage des vésicules extensibles sur le corps du collembole? Chez le symphypléone Sminthurus viridis, celles-ci sont longues. D’autres symphypléones, et notamment Dicyrtomina saundersi et ornata possèdent également ce type d’appendices. Les faits observés sur le terrain, nous montrent que les vésicules extensibles de Dicyrtomina sont particulièrement collantes. Et il lui arrive de les utiliser pour cette particularité. Pour le moment, je n’ai toujours pas observé cette action chez Sminthurus viridis. Evidemment, cela ne veut pas dire que cette phase comportementale n’existe pas chez cette espèce. J’indique uniquement que jusqu’à présent, lors de mes observations concernant la projection des vésicules extensibles, je n’ai pas constaté ce phénomène de « collage » sur un substrat quelconque. Par contre, tous ces symphypléones passent les appendices étirables sur leur corps.

Il convient également de préciser que Dicyrtomina saundersi/ornata et Sminthurus viridis vivent dans des milieux différents, même si il arrive parfois que ces collemboles se croisent dans certaines circonstances, comme je l’ai déjà notifié. Dicyrtomina vit dans les tapis de feuilles d’octobre à mai suivant les années, et Sminthurus viridis sur les milieux herbeux quasiment toute l’année. 

Quelle est la nature de la substance « collante » recouvrant ces appendices extensibles ? Quelle est la ou les fonctions du passage des vésicules extensibles sur le corps des animaux ?

Évacuons tout de suite la première question. En effet, je n’ai trouvé aucune information sur le sujet. En revanche, pour la deuxième interrogation, je pense que les vésicules extensibles doivent servir, lors du comportement de « passage sur le corps », pour la récupération de l’eau retenue sur la pilosité du collembole. A mon avis, ce dispositif s’inscrit dans les processus d’osmorégulation. En effet, ce comportement d’apport en eau doit participer, dans une certaine mesure, au maintien de l’osmolarité du milieu intérieur. Avec Sminthurus viridis, nous sommes dans le cadre d’une osmorégulation en milieu terrestre. En été, ce collembole s’observe sur les brins d’herbe en pleine chaleur, et en automne, dans des milieux humides. Il est donc soumis à une déshydratation plus où moins importante suivant les conditions climatiques des saisons. Quelles sont les autres sources d’eau dont il peut disposer ? L’eau de « boisson » (rosée, pluie…), celle qu’il trouve dans sa nourriture (par exemple, racler la surface d’une feuille de trèfle), l’eau de l’atmosphère (lorsqu’elle est suffisamment importante), absorbée par les deux entrées des trachées aériennes, et rajoutons, l’eau récupérée par les vésicules extensibles. Il y a aussi la réabsorption et le stockage effectués par certaines parties du corps, mais je n’en parlerai pas, car je ne suis pas compétant pour le faire. En conclusion, je dirai simplement que la probabilité de l’absorption d’eau, par les appendices extensibles projetés du tube ventral, est tout à fait plausible.

Sminthurus viridis (TV) 20XII16204

 

( 21 décembre, 2016 )

Collembola-Dicyrtomina saundersi/ornata-spermatophore de décembre.

Le Noisetier commun Corylus avellana possède des feuilles cordiformes. Lorsque ces grandes feuilles tombent au pied de l’arbuste, elles forment des substrats de choix pour plusieurs espèces de collemboles. En plus, quand on a la chance que la température et l’humidité soient favorables à ces arthropodes, tout est réuni pour de bonnes observations. Ce fut le cas le 12 décembre 2016. Les espèces présentes sur cette station étaient : Dicyrtomina ornata, Dicyrtomina saundersi, Sminthurus viridis, Sminthurinus elegans, Isotomurus palustris, Isotomurus plumosus et Ceratophysella bengtssoni. La présence de Sminthurus viridis sur ces feuilles n’est pas du tout étonnante. Celles-ci sont également tombées sur une station de cette espèce. Le symphypléone quitte ses feuilles de trèfles, et profite de ce phénomène automnal pour se nourrir. C’est en soulevant ou en dépliant ces larges feuilles, que j’ai découvert plus d’une dizaine de Dicyrtomidae. Les Dicyrtomidae pouvaient être observés principalement sur la surface inférieure des feuilles. Il fallait donc retourner les feuilles pour les trouver. Cette manipulation ne provoquait pas forcément la débandade chez les collemboles. J’ai eu deux types de comportements. Après le changement d’environnement, soit le Dicyrtomina s’immobilise un moment et reprend ses activités, soit il se dirige rapidement vers un endroit sombre. Et parmi eux, il y avait plusieurs Dicyrtomina saundersi. Alors que je suivais les déplacements d’une femelle, j’aperçus à quelques millimètres d’elle un magnifique spermatophore. Après vérification, c’était bien un spermatophore correspondant à cette espèce. Allait-elle le récupérer ? Après être resté quelques instants immobiles, Dicyrtomina s’éloigne lentement du spermatophore. Puis, elle fait brusquement demi-tour et revient vers celui-ci. Le collembole passe devant ou dessus, je ne sais pas, car à ce moment là, j’étais en train d’essayer d’améliorer la mise au point. La prochaine fois, soit je garde le réglage initial sur le spermatophore, en espérant une bonne photo, soit j’abandonne la possibilité de faire des images, pour observer directement le comportement à travers le macroscope! Dicyrtomina ornata et Dicyrtomina saundersi sont deux espèces de symphypléones proches l’une de l’autre. Les spermatophores sont identiques. Alors, comment les femelles des deux espèces, font elles pour reconnaître les spermatophores ? Et si finalement, Dicyrtomina ornata et Dicyrtomina saundersi n’étaient qu’une seule espèce ? Le doute que ces symphypléones soient des espèces différentes est corroboré par les écrits de Steve P. Hopkin, dans son excellent livre, A Key to the Collembola (Springtails) of Britain and Ireland. Steve P. Hopkin nous indique que pour lui, ces deux « espèces », du fait de leurs caractéristiques morphologiques identiques, en dehors bien évidemment de la tâche différente portée par les collemboles à l’arrière de l’abdomen, représenteraient une seule et même espèce. Même si, des recherches en biologie moléculaire supposeraient  qu’en Grande Bretagne et en Irlande, Dicyrtomina ornata et Dicyrtomina saundersi soient des espèces séparées. Sur mes station, (ouest de la France) les deux Dicyrtomina apparaissent à la même période et sur les mêmes milieux. En ajoutant à ces deux éléments, leur proximité morphologique, la question de savoir si nous avons à faire, dans certains endroits, à la même espèce, est clairement posée. Il est aussi intéressant de noter, que d’une année sur l’autre, les « types saundersi » peuvent être plus nombreux que les « types ornata » et vis versa.

D. saundersi-spermatophore 12XII16Milieu 12XII16121

( 10 décembre, 2016 )

Sminthurus viridis-contacts antennaires.

Voici le déroulement de plusieurs contacts antennaires observés entre 15h06 et 15h10, le 22 novembre 2016. Clairement, les antennes sont les organes sensoriels les plus importants pour les Sminthurus viridis. Je ne me lancerai pas dans des interprétations de ce comportement, car comme le disait Stephen Jay Gould: »les faits observés en eux-mêmes ne peuvent dire plus que ce qu’ils sont…donner immédiatement des interprétations générales conduit à des discours ennuyeux et tendancieux ».

Matos 13XI16118Milieu 13XI1633S. viridis-contact antennaire ABCDES. viridis-contact antennaire FGHIJS. viridis-contact antennaire KLMNOS. viridis-contact antennaire PQRST

( 2 décembre, 2016 )

Collembole Sminthurus viridis de décembre.

Image de prévisualisation YouTube
( 13 novembre, 2016 )

Allacma fusca-manipulation d’une « goutte »(suite).

Mardi 1er novembre 2016, ce matin, le bois est noyé dans le brouillard. Cette brume qui flotte dans l’air, de façon plus ou moins dense, provoque une ambiance extraordinaire. Bon, fini la contemplation, et passons à la recherche des symphypléones, et plus particulièrement les Dicyrtomina. Habituellement, ces collemboles peuvent être observés dès le mois d’octobre. Mais cette année, je n’en ai toujours pas vu un seul. Pourquoi ? Je pense que la combinaison température/humidité n’a pas encore été réunie sur une période suffisamment longue, permettant l’apparition de ces globuleux. En attendant, je retourne sur ma fameuse station à Allacma fusca. Je prospecte lentement dans les larges feuilles de Châtaigner Castanea sativa. Les habitués du moment sont présents : Orchesella cincta, Entomobrya muscorum et Allacma fusca.  Et chez ce dernier, pour la deuxième fois, j’observe la manipulation d’une « goutte » ou plutôt une substance sans véritablement de forme, par les trois pattes du même côté. Ce comportement est quand même curieux. Il met en scène, une substance jaunâtre gélatineuse/collante, du moins c’est l’impression que cela donne à l’observation, retirée des pièces buccales, par les pattes d’un même côté. Pour être plus précis, la substance est déposée sur les griffes. A quoi peut bien servir ce comportement ?  J’ai comparé l’aspect général d’Allacma fusca avec celui de trois autres symphypléones, deux Dicyrtomidae, Dicyrtoma saundersi et Dicyrtoma ornata, et un Sminthuridae Smithurus viridis. Les quatre espèces sont sensiblement de la même taille. La combinaison thorax/abdomen d’Allacma fusca est plus volumineuse/globuleuse que chez les deux Dicytomidae, et légèrement plus que chez Sminthurus viridis. Du coup, Allacma fusca n’aurait-il pas potentiellement plus de difficulté pour maintenir des ancrages sur des surfaces verticales, glissantes où même lorsqu’il se déplace la tête en bas? Pourrait-on supposer, que la substance permette une meilleure adhérence au substrat ? Une sorte de « colle » améliorant les performances des griffes. Bon, ce n’est qu’une supposition.

Allacma fusca 01XI1659Bois-Brouillard 01XI1679

( 2 novembre, 2016 )

A la poursuite d’A. fusca (17-X-2016).

Ce matin, je guette par la fenêtre l’arrêt de la pluie. Finalement, vers 8h50, il ne pleut plus. C’est le signe du départ. En route pour une nouvelle sortie dans les bois. Sous le ciel menaçant, je me rend directement sur la station où j’avais observé Allacma fusca le 10 octobre dernier. Je suis sur le chemin seulement depuis quelques minutes, il bruine de nouveau. Arrivée sur place, je commence ma prospection. Malgré une exploration minutieuse dans les feuilles pourrissantes couchées sur le sol et sur les souches, aucun Allacma fusca ne semble présent sur la station. Je décide de changer de site. Quelques mètres plus loin, une belle souche semble avoir les atouts pour accueillir ces symphypléones. Il pleut toujours. J’essaie de protéger au mieux mon matos et en particulier ma torche. Enfin j’observe mon premier Allacma fusca. Mais…à cause d’une malheureuse manœuvre en positionnant ma torche, celle-ci tomba sur la feuille où se trouvait le collembole, faisant disparaître l’animal. Je n’ai plus qu’à recommencer à rechercher ces bêtes! Je tourne autour de la souche avec ma torche à la main. Au moins, elle ne chutera pas « accidentellement » ! Après environ 30 mn de patiente recherche, je découvre un nouvel Allacma fusca. Il n’est pas sur la souche, mais sur un arbre tombé, situé à une vingtaine de centimètres du sol. Ce collembole n’aimant pas particulièrement la lumière, je concentre mes observations sur les zones ombragées du tronc. Bingo ! Je m’allonge « confortablement » sur le sol humide du sous-bois, afin d’observer les collemboles évoluant sous le tronc. J’en vois cinq. Trois d’une taille adulte et deux beaucoup plus petits, des juvéniles. Sous l’arbre, la température est de 17,6°C et l’humidité de 90 %. Tous ces symphypléones étaient en recherche alimentaire.

Légendes des photos.

Photo 1- Allacma fusca mesure environ 3 mm, ici il est en compagnie d’un Poduromorpha.

Photo 2- à gauche, le symphypléone adulte, à gauche, le juvénile qui se déplaçaient rapidement.

Photo 3 et 4- Allacma fuca en recherche alimentaire sous la tronc d’arbre.

Photo 5- les flèches présentent l’endroit où les collemboles ont été observés.

Allacma fusca 17X1628Allacma fusca (ad-juv) 17X1635Allacma fusca 17X1686Allacma fusca 17X16103Arbre tombé 17X1671

( 19 octobre, 2016 )

Collembola-A. fusca-manipulation d’une goutte ?

10 octobre 2016, je suis à 20 mn de marche de chez moi dans un bois. Pourtant, le dépaysement est total. Je progresse lentement à la cherche d’une souche sur laquelle un symphypléone Allacma fusca accepterait d’être observé un petit moment…voir plusieurs heures ! En voici une cachée au milieu des ronces. Ça m’a l’air bien ici. Je dépose mon sac photo, commence à préparer mon matériel. D’abord la torche. La batterie s’est rechargée toute la nuit dernière, aucun problème à redouter du côté éclairage. Ensuite, je m’occupe de l’appareil photo. Le sélecteur du boitier sera réglé sur manuel. J’installe mon vieil objectif 18/55 mm, bloqué à ouverture F8 grâce à du ruban adhésif, et lui adjoint trois bagues allonges. Enfin, je travaillerai au 1/125 en 400/800 Iso. A présent, reste plus qu’à trouver la bête ! Après quelques minutes de recherche, j’en débusque un. A priori c’est un mâle. Ce collembole, contrairement à son cousin Sminthurus viridis, n’aime pas trop la lumière. De toute façon, je ne lui donne pas le choix, et l’éclaire de ma torche. Je le suis dans ses lents déplacements, c’est pas un rapide lui ! Puis il s’arrête, bascule légèrement sur le côté droit et semble plier les pattes du côté où il a basculé. Avec sa patte antérieure et sa patte médiane gauches, il récupère une goutte venant de ses pièces buccales. Ensuite, il l’a pose sur les trois griffes de ses pattes. C’est la première fois que je vois l’utilisation des trois pattes lors de la manipulation d’une goutte. Par contre, aucune action de toilettage vis à vis des antennes. Comment interpréter ce comportement ?

Légendes de la photo au format multi-image.

Photo A- la patte antérieure et la patte postérieure du côté gauche récupère une goutte des pièces buccales.

Photo B- la patte antérieure et la patte médiane n’ont pas bougé. La postérieure rejoint les autres au niveau de la goutte. Celle-ci est posée sur les griffes des trois pattes.

Photo C- les griffes des trois pattes ne sont plus visibles. Elles sont cachées par la goutte.

Photo D- je ne comprend pas ce qu’il fait avec cette goutte. Il semble la manipuler. Mais pour qu’elle raison ? 

Photo E- les trois pattes continuent à « trifouiller » la goutte.

Photo F- Il dirige la goutte se trouvant sur les griffes des trois pattes, vers ses pièces buccales.

Photo G- la goutte diminue de volume. Les pièces buccales semble l’absorber.

Photo H- la goutte semble disparaitre progressivement.

Photo I- mais, la patte antérieure retire de nouveau une goutte. Les deux autres pattes se situent juste au dessous.

Photo J- la goutte se trouve juste à la sortie des pièces buccales. Seule la patte antérieure la retient.

Photo K- la goutte a disparu, absorbée par les pièces buccales.

Photo L- les trois pattes reviennent vers le sol.

Photo M- remis sur ses six pattes Allacma fusca se déplace.

 

Photo M- remis sur ses six pattes Allacma fusca se déplace.

Matos 10X16143Allacma fusca 10X1691A. fusca (manipulation)

( 15 octobre, 2016 )

Allacma fusca-antennes.

Chez Allacma fusca, le segment antennaire 3 porte plusieurs longs poils.

A. fusca (ant) 03X1627

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